mercredi 6 mars 2013

Manifestations et troubles en Jammu et Cachemire



Après le décès mardi à Baramulla d'un jeune homme, tué par les Forces Armées chargées de maintenir l'ordre dans le Jammu et Cachemire, le Chief Minister Omar Abdullah (i.e. chef de l'Etat du Jammu et Cachemire) a réclamé la révocation du Armed Forces Special Powers Act de 1958, dans un discours fortement empreint d'émotion à l'Assemblée Legislative du Jammu et Cachemire.

Bien que l'armée nie la responsabilité de ses hommes et évoque des tirs en l'air pour effrayer des jeunes de Baramulla qui jetaient des pierres sur le véhicule des deux militaires impliqués, sans intention de blesser qui que ce soit, une des balles tirées par les militaires a cependant causé la mort de Tahir Ahmad Sofi. Une plainte a été déposé contre les deux militaires.

Une foule de 4000 personnes criant des slogans anti-indiens aurait, selon les témoins, porté le corps du jeune homme jusqu'au domicile officiel du District Commissioner qui aurait calmé la foule, les a informé de la plainte et leur a affirmé que la loi suivrait son cours.

A l'Assemblé Législative, le parti d'opposition Peoples Democratic Party (PDP) a estimé que le gouvernement, et surtout le Chief Minister Omar Abdullah, était responsable de ce décès. Dans un discours très émouvant, Omar Abdullah a admis sa responsabilité, mais rappelé que le Armed Forces Special Powers Act de 1958 donnait des forces extraordinaires à l'armée.
Le PDP a suggéré à Omar Abdullah de démissionner, ce à quoi ce dernier s'est refusé.

Cet évèvement s'inscrit dans le cadre de la situation très tendue au Jammu et Kashmir, depuis l´exécution, le 9 février, de Afzal Guru.

Début mars, lors de scènes houleuses à l'Assemblée Législative de cet état, des députés du Peoples Democratic Party (PDP) avaient demandé que soit débattue à l'Assemblée la question de cette exécution. Lundi 4 mars, le sujet a été évoqué à l'Assemblée, opposant le PCP et le Chief Minister Omar Abdullah. La mort du jeune homme est venue jeter de l'huile sur le feu.
Le 1er mars, une grève avait également été déclenchée (avec un succès mitigé) à l'initiative d'un mouvement séparatiste, pour demander le rapatriement du corps de Afzal Guru. Précisons que la famille a été informée de l'exécution deux jours après. La veuve n'a toujours pas récupéré le corps du défunt.

L'exécution de Afzar Guru a eu lieu le samedi 9 février ; elle a été suivi par quatre jour d'un couvre-feu, progressivement assoupli. Les journaux n'ont pas le moins du monde été empêché de publier, mais ont été avisé que les camions de livraison de journaux n'avaient pas le droit de circuler. Internet et la télévision ont été coupé pendant plusieurs jours. Pourtant, ce couvre-feu n'a pas permis d'éviter des clashs entre protestants et forces de l'ordre.

lundi 11 février 2013

Tensions et interrogations après l'exécution de Mohamed Afzal en Jammu et Kasmir

La décision de pendre Azfal n'était pas politique, c'était l'aboutissement de la procédure judiciaire, déclare le Ministre de l'Intérieur indien. Le Chief Minister du Jammu-and-Kashmir avait émis des réserves sur l'opportunité de l'exécution et comparé avec les cas des assassins de Rajiv Gandhi et Beant Singh. Les cas sont très différents, et du reste, encore en cours devant la Cour Suprême, contrairement au cas d'Afzal, dont la demande de grâce avait été rejetée, a expliqué Sushilkumar Shinde.

Le Pakistan a réagi avec précaution à l'annonce de l'exécution de Afzal, et a annoncé ne pas souhaiter rentrer dans les détails du procès.

Blessé par balle par les forces de sécurité durant les manifestations qui ont suivi l'exécution d'Afzal, un petit garçon de 12 ou 13 ans est mort à l'hôpital. Une enquête sera diligentée sur les circonstances ayant provoqué son décès.

Allahabad : bousculade tragique


Tragique incident à la Maha Khumb : une bousculade à la gare d'Allahabad dimanche soir vers 19 heures a causé la mort de 39 personnes et de nombreux blessés.

On estime à 30 millions le nombre de pèlerins descendus se baigner à Allahabad dimanche, pour Mauni Amavasya, une journée particulièrement sacrée (selon les astrologues) dans le cadre de ce mois et demi sacré.

Selon les organisateurs, le problème est venu de ce que nombre de pèlerins ont voulu repartir le même jour : plus de 150 000 pèlerins se sont rendus à la gare en fin de journée. Cette arrivée massive a provoqué l'effondrement d'une passerelle piétonne métallique, puis la bousculade.

Cependant, le Ministre des Transports ferroviaires indiens a démenti l'effondrement de la dite passerelle. La bousculade serait due uniquement à la foule arrivant en masse.

Quoiqu'il en soit :

La circulation des trains n'a pas encore repris. 200 trains spéciaux doivent arriver à la gare d'Allahabad, mais la foule est encore compacte sur les passerelles au dessus des voies ferrées dans la gare.

Les services du Premier Ministre ont annoncé 100 000 roupies (1500 euros à peu près) de compensation pour les familles de personnes décédées, 50 000 roupies pour les blessés et 25 000 pour les blessés légers.

Azam Khan, le responsable du Comité organisateur de la Kumbh Mela a démissionné. Bien que l'incident a eu lieu à la gare, il en assume la responsabilité.

Le Chief Minister de l'Uttar Pradesh a constitué une commission d'enquête. Tous les témoignages ou photos de l'incident sont à faire parvenir à la police d'Allahabad.

Sonia a présenté ses condoléances. Manmohan Singh également. Et Rahul ? On ne sait pas.


Source : Times of India

samedi 9 février 2013

Cachemire : couvre-feu et violences après l'exécution d'un terroriste


Le couvre feu a été déclaré dans dix districts de la vallée du Cachemire, à 2h30 du matin, en raison de l'exécution par pendaison, ce samedi matin à 6h30 dans la prison de Tihar, de Mohamed Afzal Guru, l'un des terroristes responsables de l'attaque du parlement Indien en 2001.

Cela fait plus de huit ans que Afzal Guru a été condamné. Sa demande de grâce a été rejetée il y a quelques jours par le président de la République indienne, Pranab Mukherjee.

Malgré le couvre feu et le déploiement de forces militaires à Srinagar et dans les zones sensibles de la vallée, en particulier devant les domiciles de séparatistes, des affrontements violents ont eu lieu entre des protestataires et la police. Des centaines de paysans du Doabagh, le village d'origine de Mohamed Afzal Guru, et des villages environnants se sont mis en marche vers son domicile. La police et des membres des forces spéciales qui avaient déjà bloqués les accès au village ont ouvert le feu, faisant quatre blessés.

La présence de l'armée n'a pas non plus empêché des jeunes d'investir les rues de Sopore pour protester contre l'exécution du gourou. Des clashs se sont produit quand la police et lesforces spéciales ont tenté de les disperser.

Neuf personnes, dont des hommes de la sécurité et des officiels du Parlement avaient été tué dans l'attaque du Parlement en 2001 par un groupe terroriste. Afzal avait été jugé coupable de conspiration et d'aide aux auteurs de ce crime, alros que d'autres Kashmiri de New Delhi, détenus et interrogés, avaient été libérés.

L'exécution de Mohamed Afzal Guru intervient deux jours avant le 11 février, date à laquelle les activistes du Jammu and Kashmir National Liberation Front s'apprêtaient à observer une Fête des Martyr pour la pendaison du fondateur de leur mouvement, Maqbool Bhat, pendu à cette date dans sa prison de Tihar après avoir été jugé coupable du meurtre d'un manager de banque lors d'une attaque à main armée.

Le Chief Minister du Jammu et Kashmir lance un appel au calme.


Source : The Hindu

jeudi 7 février 2013

La triste histoire des trois rockeuses adolescentes

C'est l'histoire de trois jeune filles, trois adolescentes musulmanes de 15 ans qui ont formé un groupe de rock dans la vallée du Kashmir, dans l'état de Jammu-et-Kashmir.

Elles ont gagné en décembre dernier un  concours de musique à Srinagar, le " Battle of the Band", auquel, traditionnellement, ne participait que des groupes masculins. Depuis leur victoire, elles ont été menacées. De mort, ou de viol.

Puis c'est le Grand Mufti du Jammu and Kashmir qui a qualifié leur groupe d'indécent et de non musulman et a émis une fatwa leur enjoignant de dissoudre le groupe.

Les jeunes filles, qui sont encore au lycée, ont très peur et ont obtempéré. Le groupe est dissout.

"Nous respectons ce que le Mufti a dit, c'est-à-dire que chanter est haram", ont-elles fait savoir. "Nous respectons le peuple du Kashmir. C'est pourquoi nous mettons fin au groupe."

Trois personnes, parmi ceux qui les ont menacées sur Internet et les réseaux sociaux, sont détenues.



Source : The Hindu

Violences sexuelles contre des enfants



Inde : Les violences sexuelles contre des enfants sont passées sous silence et les victimes sont négligées



Il faut changer les politiques et les mentalités des policiers, des médecins et des tribunaux pour aider les victimes.

« Les enfants qui dénoncent courageusement des abus sexuels sont souvent éconduits ou ignorés par les policiers, le personnel médical, et les autres représentants des autorités. »



Lien vers l'article de Human Rights Watch

Le film Vishwaroopam est enfin sorti dans le Tamil Nadu.

Les fans se répandent en joyeuses célébrations, distribuent des t-shirt et organisent des danses.
Une sorte de marketing spontané.

Source : The Hindu.

samedi 2 février 2013

La Mela Khumb, THE place to be


Le tout récent président du BJP, Rajnath Singh, et le président du BJP pour l'Uttar Pradesh Laxmikant Bajpei se rendront eux aussi à Allahabad, le 6 février, tout comme, à une date encore inconnue, Narendra Modi. Dans la perspective des élections de 2014 (Lok Sabha), Rajnath Singh cherche à obtenir la bénédictions des Akhadas (sectes religieuses). Tout comme Modi.

 Laxmikant Bajpei confirme sa venue, ainsi que celle de Rajnath Singh, mais ne sait rien de celle de Modi. Il a prévu quant à lui de rendre visite à plusieurs Voyants Hindous pour obtenir leur bénédictions.
De leur côté, certains Akhadas auraient déjà demandé au BJP de faire de porter la candidature de Modi pour le poste de Premier ministre.

Selon le porte-parole du BJP, le parti dispose de nombreux candidats possibles pour le poste, tous qualifiés. Mais, naturellement, à la fin de la journée, le BJP se sera fait une idée du candidat le plus populaire.

Le prochain moment fort de la Maha Khumb aura lieu le 10 février, pour Mauni Amawasya.

Source : Times of India 

Le bain sacré de Sonia et Rahul


Dans le but de participer de façon équilibrée aux festivités communautaires indiennes, la Présidente du Parti du Congrès, Sonia Gandhi, et son fils, Rahul, qui par un heureux concours de circonstance se trouve être le tout récent vice-président du parti de sa mère, iront prendre un bain rituel dans le Gange la semaine prochaine, avant de se rendre à l'université musulmane d'Aligarh, Alma Mater de la communauté politique musulmane indienne, pour y prononcer le discours d'ouverture.

Le Bain Sacré de Sonia et Rahul devrait avoir lieu vers le 8 ou le 9 février. Le secrétaire général du parti du Congrès s'est rendu à Allahabad lundi et a finalisé le déroulement des opérations. En 2001, lorsque Sonia s'y est rendue, elle a créé une vive émotion, en raison de ses origines étrangères, et de son immersion seulement partielle dans les eaux du Gange. D'autre part, le Parti du Congrès a estimé qu'il était temps pour Rahul d'afficher son respect pour la religion traditionnelle hindoue, ce qui, s'il souhaite briguer la fonction de Premier Ministre du pays en 2014, n'est pas une mauvaise idée.

Tous les regards - une quantité véritablement vertigineuse de regards - seront donc fixés sur eux.

Et ils ne se détourneront pas d'eux lorsqu'ils se rendront à l'Université d'Aligarh, et que Sonia prononcera le discours d'ouverture le 16 février, devenant ainsi la deuxième femme (et la seule non musulmane) à y prononcer un discours, après sa fondatrice, Nawab Sultan Jahan Begum de Bhopal, le 26 janvier 1925. L'Université d'Aligarh, rappelons-le, fut à l'origine du mouvement en faveur de la fondation d'un état musulman indien, le Pakistan.

vendredi 1 février 2013

Vishwaroopam, le film de la discorde


Après plusieurs jours de débats et controverses en Inde, le film "Vishwaroopam", critiqué par des organisations musulmanes qui estiment le film préjudiciable pour l'image des musulmans, a été interdit dans le Tamil Nadu, dans la crainte d'une flambée de violence que l'état n'a pas les moyens de contrôler. En revanche, il devrait sortir en Uttar Pradesh.

Vishwaroopam est un thriller d'espionnage riche en rebondissements, dans le milieu des terroristes musulmans. Vishwanath, alias Wiz, est un professeur de danse Kathak qui vit à New York avec sa femme Nirupama. Leur mariage est un mariage de convenance, qui a permis à Nirupama de poursuivre ses études aux Etats-Unis. Après acoir engagé un détective privé, persuadée que son mari lui dissimule une partie de sa vie, elle découvre que son mari est en réalité un musulman, lié à Al-Qaida. Après une série de rebondissements, le héros, Vishwanath, joué par Kamal Hasaan qui est également le réalisateur du film, réussira, avec la CIA, a faire échouer le complot (et à éviter la destruction de New York).

Le film, fort critiqué par certaines associations musulmanes, fait parler de lui depuis un certain temps, mais vendredi dernier l'état du Tamil Nadu, celui dans lequel le film a été tourné (le Tamil Nadu est le deuxième producteur de film en Inde, après l'état de Mumbai, le Maharashtra ), a décidé d'interdire le film, vu les troubles que celui-ci serait susceptible de provoquer.

Cependant, le chief minister de l'état du Tamil Nadu, J. Jayalalithaa, a affirmé qu'elle autoriserait la sortie du film si Kamal Hasaan trouvait un arrangement avec les associations musulmanes. Le réalisateur et acteur principal du film devrait rencontrer les 24 associations musulmanes qui s'opposent à la sortie du film pour déterminer quelles scènes pourraient être coupées afin de permetre la sortie du film dans l'Etat du Tamil Nadu.

Cependant, le film est déjà sorti, tel quel, en hindi, en Uttar Pradesh, non sans, cependant, une intense réflexion sur le sujet de la part des gouvernants de l'état.

dimanche 27 janvier 2013

Kumbh mela, Allahabad, 2013

L'un des plus importants pèlerinages hindou a commencé ce mois-ci. A cette occasion, des sadhus (saints hommes) viennent de toutes parts pour participer aux cérémonies, qui se déroulent à Allahabad.


Ce pèlerinage, qui dure à peu près un mois et demi, a pour nom Kumbh melā et se produit tous les 3 ans, à tour de rôle, dans quatre villes saintes : Haridwar, dans l'Uttaranchal, Prayag (nom hindou d'Allahabad), dans l'Uttar Pradesh, Nasik, dans le Maharashtra, et Ujjain, dans le Madhya Pradesh . Tous les 12 ans, un nouveau cycle recommence et le pèlerinage est alors particulièrement important ; il porte de le nom de Mahâ Kumbhamela ou grande Kumbhamela et a lieu à Prayag (Allahabad). C'est le plus important rassemblement humain de la planète : lors des Kumbha mela, 2 à 8 millions de personnes viennent se baigner ; mais lors de la dernière Maha Kumbh Mela (en 2001), 70 millions de personnes s'étaient rassemblées à Allahabad.

Or, la Grande Kumbh Mela (maha Khumb), c'est cette année.

Aujourd'hui, c'est le 13ème jour du festival.

Des sadhus (nous, couverts de peintures rituelle ou vêtus d'orange) et des ascètes se sont déjà baignés au niveau du Sangam, c'est à dire la confluence entre la Yamuna, le Gange et la Sarvasti (une rivière virtuelle). 

Certains pèlerins, les Kalpwasis, vivent dans une austérité ascétique pendant un mois entier tout en se baignant à intervalles réguliers dans le but de rompre le cycle des naissances, mort et renaissances. Un incendie s'est déclenché dans leur camp et beaucoup sont hospitalisés, dont 18 dans un état grave. 8 ont été transporté par hélicoptère à l'hôpital de Safdarjung de Delhi.


Des factions religieuses (Akhara) sont en conflits. Certaines factions regroupent des sectateurs du dieu Vischnu, d'autres du dieu Shiva, d'autres encore du dieu Brahma (les trois dieux principaux, dont les autres ne sont que les avatars, ou quasi). Or, il semble exister un désaccord entre les sectes sur la personne du leader de l'organisation regroupant toutes les sectes de Saints et Sadhu du pays (Akhil Bharatiya Akhara Parishad). Ce désaccord remonte à 2010. Un groupe, incluant sept "akhara"(sectes) shivaïtes, soutient Baldev Singh Mahant, tandis que l'autre groupe, composés de trois sectes vishnuïtes, tient pour Mahant Gyandas. Le Akhil Bharatiya Akhara Parishad regroupe 14 akhara en tout.

Les vishnuïtes mécontents menacent de boycotter les prochains bains rituels (“Shahi Snans” ) de Mauni Amavasya (10 février) et de Basant Panchmi (15 février) si Mahant Gyandas n'y participe pas. Or, la non-participation des vishnuïtes aux bains rituels serait un camouflet d'importance administré à l'instance administrative chargée d'organiser lesdites festivités.

Ici, un site pour suivre l'actu de la Maha Khumb.

Fête Nationale indienne (republic Day)

Hier, a eu lieu la 64ème fète nationale indienne, dans une capitale sous haute surveillance.

le nombre d'alertes à l'attentat a été très élevé, mais aucun incident n'a eu lieu.

Source : Times of India

dimanche 20 janvier 2013

Inde-Pakistan : les tensions s'apaisent

Le gouvernement indien a annoncé que les conversations relatives au processus de paix avec le Pakistan avaient repris.

 Le Ministre des Affaires Etrangères, Salman Khurshid, a assuré que ces pourparlers de paix ne seraient pas influencés par les assertions chauvines qui peuvent se lire ça et là dans les médias indiens. Il a rappelé que les médias indiens étaient libres, et que pour vivre dans une société libre, il faut savoir, dans les médias, séparer le bon grain de l'ivraie.

Source : Times of India


L'extraordinaire, prodigieuse et merveilleuse ascension de Rahul Gandhi

Rahul Gandhi, fils de Rajiv et Sonia Gandhi, petit-fils d'Indira Gandhi et arrière-petit-fils de Nehru, a été officiellement appointé vice président du parti du Congrès (parti centriste, social-démocrate, miné par de sombres affaires de corruption), reprenant ainsi l'entreprise la tradition familiale. Précisons que Maman est encore présidente du parti.

Rahul Gandhi, quadragénaire souriant et aimable, est donc officiellement le numéro deux du plus vieux parti du paus. L'objectif de Rahul, ou du moins de sa mère, est de faire de lui le futur Premier Ministre de l'Inde (et chef du Gouvernement) en 2014.

Narendra Modi, l'homme montant dans la politique indienne, Chief Minister du Gujarat, et membre du BJP (parti hindou nationaliste extrêmement à droite) un état côtier de l'ouest de l'Inde, a la même ambition.

Au cas où ça ne serait pas clair, le BJP et le parti du Congrès sont les deux principaux partis en Inde. Du reste, le BJP a dénoncé l'imposture de la nomination de Rahul.

L'année 2013 sera palpitante.

En tout cas, Rahul semblait tout content et agitait les mains joyeusement tous azimuts.

Source : IBN Live

mercredi 16 janvier 2013

Viols, corruption, haine et rumeurs de guerre

Les tensions persistent, plus vives que jamais, sur la LoC (line of Control) indo-pakistanaise. L'Inde affirme ne pas avoir franchi la ligne de démarcation, c'est le Pakistan. Que nenni ! rétorque le Pakistan. Ce n'est point le Pakistan, c'est l'Inde qui a franchi les limites. En tout cas, il y a des morts.


Les affaires de viol, toutes plus sordides les unes que les autres, font toujours la Une. Un homme de 56 ans a été jugé en 10 jours pour le viol suivi du meurtre d'une petite fille de 3 ans commis en 2011. Il a été condamné à mort, alors que cette peine est très rarement attribuée en Inde. Il n'est cependant pas impossible qu'il fasse appel et que sa peine soit commuée.

Une petite fille de 7 ans a été violée dans les toilettes d'une école à Goa ; grosse émotion, création d'une cellule d'enquête spéciale, incapable pour l'instant de mettre la main sur l'accusé. A toutes fins utiles, on a arrêté la directrice de l'école pour négligence.

Dans le Bihar, une femme a été pendue à un arbre après avoir été violée par plusieurs hommes.

Ça sera tout : juste pour donner un peu l'idée de l'état de la situation de la femme et du rapport au sexe dans le pays. Ces cas ne sont pas des drames isolés.


Cela fait aujourd'hui 1 mois que le viol de la jeune fille qui a bouleversé la classe moyenne de Delhi et les médias indiens a eu lieu. La précision classe moyenne de Delhi et médias est importante car une immense majorité des habitants du pays, n'ayant pas la télévision, ignore probablement tout de ce viol. (Quand vous êtes en un point A du pays et que vous demandez votre chemin pour un village situé à 1 kilomètre du point A, la plupart des gens que vous rencontrez n'ont jamais entendu parler du village situé à 1 kilomètre de chez eux et n'a pas la moindre idée de la façon dont on peut s'y rendre ; l'information en Inde, c'est un peu la cerise sur le gâteau ; un luxe de privilégié).


La petite phrase sexiste des derniers jours (avec du préjugé culturel dedans): cette fois, c'est le chef de la Police de Mumbai qui s'y colle. On dénombre le plus grand nombre de crimes contre les femmes dans les pays où l'éducation sexuelle est couramment enseignée à l'école. En effet, a affirmé Satyapal Singh, selon une étude (américaine?), aux Etats-Unis (où les cours d'éducation sexuelle expliquent aux élèves comment avoir des rapports sexuels), le viol est une pratique plus fréquente que fumer une cigarette.


Dans un poème publié dans la revue de la police de Mumbai,  les émeutiers (musulmans) de Azad Maidan en août 2012 sont appelés "serpents" et "traitres". Rédigé par une femme, le poème suggère que l'on coupe les mains desdits émeutiers. Grosse émotion, discours haineux, plainte déposée par activistes.


Un ex-chef du gouvernement de l'Etat de l'Haryana, son fils et 53 autres personnes ont été reconnues coupables dans le cadre d'une affaire de corruption : ils avaient recrutés près de 3000 enseignants à l'aide de faux CV. En fait, une première liste d'enseignants avaient été établie, basée sur le diplôme et le mérite. Cette première liste avait été remplacée par une autre, formée par des personnes qui avaient versé chacun 400 000 roupies indiennes (5 500 euros). L'ex-Chief Minister avait écrit lui-même au responsable de l'éducation primaire de l'Haryana pour lui demander la permutation des listes. C'est ce même responsable qui a porté le cas devant la Cour Suprême.


Et ça sera tout pour ce soir.

samedi 12 janvier 2013

Sexe, guerre et méfiance : l'actu du jour en Inde

Les tensions restent vives (c'est l'expression adéquate, je pense) à la frontière indo-pakistanise, tandis que les affaires de viols, toujours très tendance, ne quittent pas la Une, et que le Ministre des Comunications et de l'Information émet de graves réserves sur les hommes d'affaires étrangers.

Ça chauffe à la frontière indo-pakistanaise depuis une semaine. Plus précisément, le long de la LoC (Line of Control) entre les deux pays, de 740 km de long. Dimanche dernier, un accrochage coûte la vie à un soldat pakistanais. Mardi, nouvel accrochage, les Pakistanais tuent et mutilent deux soldats indiens. Jeudi, le Pakistan accuse l'Inde d'avoir tué deux soldats pakistanais. OK. Au delà de la rivalité historique, quel est le problème ?

Apparemment, un peu le même problème que celui qui aurait pu motiver l'assassinat des trois militantes kurdes à Paris alors même que des négociations entre des militants kurdes et les autorités turques sont en cours : faire capoter les négociations de paix. Actuellement, des négociations sont en cours entre les deux pays. Or, l'armée pakistanaise subit des pressions lourdes de la part des jihadistes qui l'accusent d'abandonner la cause du Cachemire. Le processus de paix entre l'Inde et le Pakistan les inquiète. Des éléments jihadistes très proches de l'armée pakistanaise auraient pu organiser le dérapage militaire.

Preuve que l'affaire est grave, Shah Rukh Khan (un acteur de Bollywood, dit aussi "le roi Khan")  s'est exprimé sur le sujet. Il s'est dit très très triste, en tant qu'Indien.


Sexe, viol, etc : le sexe est très tendance dans les médias indiens : il fait désormais la Une, du moins depuis un mois, et on ne sait pas combien de temps cela va durer.

Aujourd'hui, c'est la directrice d'un ashram pour fille de la région de Chhattisgarh (ville de Kanker, district de Bastar) qui aurait obligé une de ses pensionnaires à faire des choses qu'elle ne désirait pas avec son compagnon ; notons que si une plainte à été déposée à la police, l'affaire a également été porté devant le Gondwana Samaj, une communauté tribale locale.

Cette affaire fait suite à une autre affaire très similaire, dans la même région, survenue il y a  5 jours. Un enseignant et un gardien d'un établissement scolaire du gouvernement destiné aux  filles de minorités tribales, soupçonné d'abus sexuels sur les élèves, ont été arrêté. L'article signale que les élèves s'étaient déjà plaintes. En août dernier. Il faut croire qu'à cette date, le contexte était moins favorable à l'écoute des victimes. Le demeurera-t-il ? Combien de temps ? Allez, soyons optimistes, ça ne mange pas de pain.

Pour l'anecdote : depuis le viol de la jeune fille de 23 ans, les politiques indiens rivalisent de petites phrases à faire dresser les cheveux sur la tête relativement aux jeunes filles, aux viols, etc. Il est laborieux de les comptabiliser toutes (j'essaie), mais relativement à cette affaire, le Home Minister du Chhattisgarh, a ajouté sa petite pierre à l'édifice du sexisme indien (le mot est faible, et par ailleurs pas entièrement approprié, mais ne chipotons pas). Alors qu'on lui demandait comment expliquer cette déconcertante vague de viol en Inde, il avoua son ignorance et ajouta : "ce genre de chose arrive quand les étoiles ne sont pas en phase". Enjoy. Et ça n'est pas la pire des petites phrases.

Note 1 : le Chhattisgarh est dirigé par le BJP (comme le Gujarat). Il fait partie de la "Hindi Belt" (régions du Nord et de l'Ouest de l'Inde).

Note 2 : dès le 8 janvier, l'Etat voisin du Madya Pradesh avait pris des mesures relatives aux écoles de filles de minorités tribales, en établissant que seules des femmes devaient être nommées directrices de ces établissements. Ce qui, apparemment, n'est pas la solution. J'aime aussi beaucoup la possibilité pour les pensionnaires, en cas de problème, d'appeler un numéro dédié. Il faut cependant, je pense, vivre en Inde pour saisir la sinistre cocasserie de la chose.



Enfin, le ministre des technologies de l'information et des télécommunications, Kapil Sibal, a mis en garde contre les étrangers qui viendraient faire, fourbes autant que félons, du business en Inde. Suivons son regard. Des étrangers, a-t-il dit, sont déjà venus en Inde pour le commerce et ils sont devenus les maîtres du pays. Aujourd'hui, ils veulent revenir et nous diviser. Nous devons y prendre garde.

La remarque était très bien contextualisée. Kapil Sibal accompagnait le Président de la République indienne à une cérémonie officialisant l'émission d'un timbre en l'honneur d'un mouvement nationaliste indien du début du XXème siècle, la conspiration des lettres de soie, organisé contre l'Empire Britannique avec le soutien des gouvernements afghan et turc. Il en a profité pour caser sa petite phrase.



Et pour finir, où en est-on avec notre ex-Une de la fin décembre, l'affaire du viol collectif ?

Selon le rapport de police, les accusés voulaient tuer une femme. Est-ce qu'on en saura plus à l'audience ? On verra. Les accusés ont été battu et contraints aux aveux. Peut-être sont-ils bien les coupables, mais peut-être ont-ils avoués tout ce qu'on a voulu leur faire avouer.

Les accusés ont comparu en audience préliminaire et le procès reprend lundi 14 janvier. Très vite à la télé, j'ai vu passer la mention que les procès rapides relatifs au viol dureraient 8 jours, ce qui m'a effaré (un autre reportage évoquait, auparavant, des délais de 15 ans pour un procès - de 15 ans à 8 JOURS, c'est effarant, mais d'un autre côté, quand la pression médiatique sera retombée, il en restera peut être des procès un peu plus rapides malgré tout). Le principe de tribunal avec procédure accélérée ne date pas du tout du cas de viol de décembre, mais d'octobre dernier. Et on dit que le gouvernement ne fait rien !

Les journaux indiens se focalisent tout d'un coup sur l'origine sociale des accusés, issus des classes les plus défavorisées de la société (i.e. la majorité des citoyens du pays). La même origine que la jeune fille qu'ils ont massacré, à la différence que, grâce à ses études, elle avait une possibilité d'atteindre la middle class indienne. L'indignation se tait, le misérabilisme arrive.

Il n'y a plus guère de manifestations.

Il nous reste les petites phrases : le député et leader du  Samajwadi Party (le Parti Socialiste) Abu Azmi s'est dit tout à fait en accord avec les propos de Mohan Bhagwat (leader du RSS, organisation nationaliste hindou paramilitaire), selon lesquels les viols se produisaient dans l'Inde moderne et urbaine et point du tout dans l'Inde traditionnaliste et rurale. Il a ajouté que les femmes ne devaient pas porter de vêtements provocants et ne pas sortir seules le soir. Malgré les différences idéologiques avec le RSS et le BJP, il a souligné la similarité de leurs points de vue relatif aux femmes.

Notons toutefois que le fils dudit Abu Azmi s'est immédiatement excusé publiquement pour les propos de son père ; et aussi que Abu Azmi a pour belle fille une actrice bollywoodienne, Ayesha Takia, qui, s'autorise-t-on à déduire, ne cache pas toujours autant que Beau-Papa ne le souhaiterait, les charmes dont la nature l'a heureusement pourvue.

Ayesha avait twitté, en belle-fille au bord de la crise de nerfs :

Les commentaires faits par d'autres, même proches de moi, quand ils sont réactionnaires, ne reflètent pas mon point de vue.


Je suis un individu et j'ai mes idées qui ne coincident pas du tout avec des points de vues réactionnaires.


Le lendemain, elle ajoutait (après discussion en couple ?) :

Mon beau père est le chef de la famille, nous l'aimons et le respectons. J'ai mon propre avis qui n'a pas à coincider avec celui de tout le monde, même quand il s'agit de quelqu'un que j'aime et respecte profondément.


Mmmmm.

Le SP a également désapprouvé les propos de Abu Azmi. (qui s'en moque)



vendredi 11 janvier 2013

Delhi, viol : la jeune fille avait écrit le nom de ses agresseurs

A l'hôpital, la victime du viol collectif a eu le temps d'écrire le nom de quatre de ses agresseurs : Ram Singh, Mukesh, Vinay and Akshay.

Elle les a entendu se nommer durant l'agression.  Le papier sur lequel elle a écrit les noms a été signé par la magistrate qui l'a auditionnée à l'hôpital.

Source : Times of India

Droit des femmes : une communauté villageoise du Rajasthan dénie aux jeunes filles le droit de danser aux mariages ou d'avoir un portable

Une communauté locale (ville de Salumbar, district d'Udaipur ) du Rajasthan interdit désormais aux jeunes filles d'avoir des portables, ainsi que de chanter et danser lors des mariages.

Dans cette communauté, les jeunes gens et jeunes filles ne seront pas autorisés à se marier sans le consentement des parents et en dehors de leur communauté.

Des actions punitives sont prévues pour les jeunes filles qui ne respectent pas ces règles.


Source : Hindustan Times

Pakistan : Les Etats Unis ne veulent pas intervenir en tiers entre l'Inde et le Pakistan

Les Etats Unis se contentent pour l'instant d'exhorter les deux Etats au dialogue, dans le cadre des tensions sur la zone frontalière.


Source : Times of India


Delhi, viol : les victimes sont responsables de leur agression, dit l'avocat

L'avocat des accusés estime que les victimes sont responsables de l'agression, dans la mesure où elles n'avaient pas à se trovuer dehors à cette heure de la nuit.

Le compagnon de la jeune fille est selon lui responsable de ce qui est arrivé. L'avocat a affirmé n'avoir jamais eu connaissance d'un seul cas dans lequel une "femme respectable" ait été violée".

Source : Bloomberg